Voir les Basques… au Labrador
Au moment où Champlain explorait le Golfe du Saint-Laurent, les baleiniers basques avaient déjà établis plusieurs postes de traîtement de l’huile de baleine.
Déjà au début du XVIIe siècle, plusieurs villages basques étaient établis autour du golfe du Saint-Laurent. Alors qu’il explorait le golfe, Champlain a pu apercevoir ces communautés comptant parfois plus de mille habitants.
Attirés par l’abondance de baleines dont ils faisaient le commerce de l’huile, les Basques ont construit des établissements, de véritables villes usines, sur la Côte-Nord, dans le Bas-St-Laurent, au Labrador et à Terre-Neuve.
Longtemps oubliés, ces villages ont été «redécouverts» par l’historienne anglaise Selma Barkham, à la fin des années 1970.
Des fouilles intensives ont permis de mettre à jour trois galions basques, quatre petites embarcations pour la chasse à la baleine, des fours, des bâtiments et une foule d’objets ayant appartenu à ces pionniers.
De nos jours, certains de ces sites archéologiques sont ouverts au public. C’est le cas de Red Bay au Labrador où il est possible de voir les monticules de tuiles rouges, les ossements de baleines et les vestiges de bâtiments laissés par les Basques.
En fait, si l’endroit se nomme Red Bay, c’est justement à cause de ces milliers de tuiles rouges éparpillées autour de la baie.
Fabriquées au pays Basques, ces tuiles de terra-cotta recouvraient les toits des habitations et des fours à huile de baleine du poste.
S’il y en a tant à Red Bay, c’est que les galions basques se servaient aussi de ces tuiles pour faire du lest lors de leurs voyages vers le Labrador.
Le Lieu historique de Red Bay comprend un centre d’accueil et d’interprétation où est exposé une chalupa basque vieille de 400 ans.
Cette embarcation de 8 mètres, en excellent état de conservation, a été découverte sous les eaux de la baie puis restaurée.
Durant l’été, le site est animé par des comédiens interprétant les rôles d’un baleinier basque et sa femme.
Photo de la semaine : port de pêche, île de Rhodes (Grèce)
Randonnée aérienne au pays des Indiens cris et des ours polaires
J’ai toujours été fasciné par le nord canadien et je ne manque jamais une occasion de m’y rendre. Cette fois, c’est la côte de la Baie d’Hudson qui m’appelle, tout particulièrement le parc provincial Polar Bear.
Inhabité, ce parc ne possède aucune infrastructure. Pas de poste d’accueil, pas d’hôtel ou de terrain de camping, pas d’aéroport.
Notre point de départ est Elmhirst Resort, à Keene en Ontario. Le domaine dispose d’une piste privée et d’une base d’hydravions.
Notre pilote, Peter Elmhirst, nous présente notre avion, un Cessna 206. Nous plaçons les bagages dans l’avion, en prenant soin de ne pas la surcharger. Tout est maintenant prêt pour le départ.

Notre avion, un Cessna 206
Quelques minutes après avoir décollé de Keene, nous survolons déjà le bouclier canadien. Comme nous l’a dit Peter, il n’y a que des arbres, des lacs et des affleurements rocheux.
La météo est parfaite.Nous atteignons Moosonee, une petite ville du sud de la Baie James qui est, en quelques sortes, la porte du grand nord. Du moins, c’est ce que prétend une enseigne placardée sur le mur de la gare: « Moosonee, gateway to the arctic ». Nous y passons la nuit.
Levés tôt, nous traversons la rivière en direction de la réserve indienne de Moose Factory. Nous y sommes chaleureusement accueillis par un jeune Cris fier de sa culture et désireux d’en partager les secrets. Il nous accompagne durant toute la journée, nous faisant découvrir l’histoire et les traditions de son peuple.
Le lendemain matin, Peter et moi nous dirigeons vers l’aéroport pour préparer l’avion et y faire le plein. Les autres passagers nous rejoindrons plus tard.
L’aéroport est désert. Nous avons beau chercher partout, il n’y a personne pour faire le plein. Nous interrogeons au passage le conducteur d’une camionnette qui promet de trouver quelqu’un pour déverrouiller la pompe à essence.

Une grand-mère de Moose Factory prépare le pain traditionnel, la bannique
Comme à Moosonee tout le monde se connaît, notre ami retrouve rapidement le gardien de la clef qui prenait son déjeuner dans un restaurant de la ville.
C’est à mon tour de prendre les commandes et, pour la première fois, j’effectue le décollage de notre Cessna 206. Il fait beau à Moosonee mais le temps se gâte rapidement.
Le plafond est de plus en plus bas à mesure que nous montons vers le nord et à un moment, un mur de nuages très bas nous barre le passage et nous oblige à tenter de le contourner.
Ne trouvant pas de passage et nous rapprochant de la côte de la Baie James, nous tentons notre chance un peu plus à l’est. Toujours pas de passage. Alors que nous nous apprêtons à faire demi-tour, nous découvrons une ouverture qui nous permet de découvrir que de l’autre côté du mur de nuage, la météo est meilleure.
Nous atteignons enfin Attawapiskat. Ce n’est pas trop tôt car nous avons très faim. Nous marchons à la recherche d’un restaurant ou d’une épicerie sans trop savoir où nous allons. Attawapiskat n’est certainement pas le plus joli village du Nord: quelques rues désertes bordées de maisons ternes, sans arbres ni relief.
Nous nous arrêtons au dispensaire où une infirmière d’origine montréalaise nous indique à quel endroit se trouve le seul établissement où nous pourrions avoir un repas chaud. Le restaurant/épicerie/club vidéo Kimberley’s est situé dans un bâtiment délabré semblable à tous les autres. Nous entrons; les quelques autochtones présents se taisent et nous regardent d’un air incrédule.
Rares sont les touristes qui s’aventurent ici et ça se voit. Nous commandons des hamburgers puisqu’il n’y a rien d’autre au menu à cette heure tardive. Il sont vraiment délicieux: une preuve qu’il ne faut pas se fier aux apparences.
Peter remplit son formulaire de plan de vol et nous repartons. Le temps s’améliore toujours alors que nous filons vers le nord. Nous ne voyons plus d’arbres au sol; nous survolons déjà l’immensité de la toundra.
Sans repères au sol, il est très difficile d’évaluer notre altitude. Aussi, il serait très facile de se perdre. Après avoir survolé des centaines de kilomètres de territoire vierge nous apercevons une base militaire désaffectée. Les bâtiments sont toujours là, de même que la piste d’atterrissage et une montagne de vieux barils d’essence rouillés.
Peter connaît l’endroit, mais j’en fais deux fois le tour, étonné de voir que l’on ait bâti quelque chose dans un endroit aussi isolé. Les militaires basés ici devaient trouver le temps long! Nous approchons de la côte de la baie d’Hudson; malheureusement, un banc de brouillard la dissimule. Nous tentons de passer sous le brouillard.
À 300 pieds d’altitude, nous enfilons sous la masse blanche, mais plus nous avancons vers la côte, plus le brouillard est bas. Nous volons maintenant à 200 pieds d’altitude alors que sous l’avion, une plaine à perte de vue s’étend.
Je ne suis pas très confortable avec cette altitude, même si je sais que s’il fallait atterrir, nous n’aurions qu’à laisser descendre notre Cessna jusqu’à ce qu’il se pose délicatement sur la toundra.
Nous sortons du banc de brouillard et apercevons enfin la baie d’Hudson. Le temps est magnifique! Nous nous dirigeons vers l’embouchure de la rivière Winisk où se nourissent une grande bande de bélugas.
À marée basse, plusieurs ours polaires y fréquentent les bancs de sable. Pour moi, l’observation d’ours polaires serait la réalisation d’un vieux rêve. Les bélugas sont au rendez-vous, mais pas les ours polaires. Zut.
Nous remontons la rivière jusqu’au village cri de Peawanuck où nous passerons la nuit. Mais voilà que sous nos ailes, ce qui paraissait être de grosses pierres se met en mouvement. Une famille d’ours! Nous sommes fous de joie; une grosse femelle est ses deux petits nous offrent le spectacle de leur présence.
Comblés, nous poursuivons vers Peawanuck où nous sommes accueillis par l’épouse et le cousin de notre guide Sam Hunter, lui même absent puisqu’il est à préparer notre campement sur la baie d’Hudson. Pour ses visiteurs, notre guide a monté un tipi sur les berges de la rivière Winisk, mais avant de nous y installer, nous allons faire un tour au village.
Partout sur notre chemin, les résidents nous saluent et se présentent. « Je suis George Trapper et toi, qui es-tu? D’où viens-tu? ». Nous sommes agréablement surpris par leur joie de vivre, et leur sans-gène.
Il y a, à Peawanuck, un sorcier de passage qui organise des sessions de sauna traditionnel comme le pratiquaient les anciens. C’est un événement rarissime qui n’est normalement offert qu’aux seuls autochtones. Nous avons l’honneur d’y être invité; la cérémonie aura lieu demain à l’aube.
Sous cette latitude, en été, l’aube c’est tôt, très tôt. On nous reveillera à 3 h 30. Je suis heureux d’être invité mais la perspective de me lever aussi tôt ne me plait guère. Enfin, on verra ça demain.
C’est l’heure du repas et nous sommes invités chez Sam. Il habite une maison coquette ressemblant plus à une résidence de banlieue qu’à un tipi. À l’intérieur, nous sommes étonnés de découvrir une immense télé et des ordinateurs derniers modèles. Non, les autochtones du grand nord ne vivent pas comme des sauvages.
Tel que prévu, nous passons la nuit dans le tipi. C’est le monde à l’envers: les Indiens dans le bungalow et les Blancs dans le tipi…
Il fait déjà jour lorsque le sorcier nous réveille. Il est en retard puisqu’il est déjà 4 h 30. Nous nous dirigeons vers la hutte qui sert de sauna où nous accueille un autre sorcier, de la nation micmac cette fois.
Nous sommes six dans cet espace de deux mètres de diamètre; aucune lumière n’y pénètre. Alors qu’il fait -5° dehors, il fait une chaleur suffocante à l’intérieur.
Les sorciers y vont de leurs incantations en jetant de l’eau et des herbes sacrées sur le feu. Il fait si chaud que j’ai peine à suivre leurs explications sur la signification de cette cérémonie de purification spirituelle. Enfin dehors, la cérémonie terminée, nous respirons l’air frais à grande bouffée.
La météo est parfaite, nous partirons le plus tôt possible vers notre campement sur la toundra. Le campement est situé à une centaine de milles de Peawanuck, sur la côte de la baie d’Hudson.
Nous suivons le cours de la rivière Winisk, puis la côte pour tenter notre chance d’observer d’autres ours polaires. À peine arrive t-on à l’embouchure de la rivière que nous apercevons un gros mâle. Quelques centaines de mètres plus loin, nous observons une femelle avec son petit. Entre la rivière Winisk et notre campement, nous observons dix-sept ours polaires au total!
Nous survolons maintenant le parc provincial Polar Bear et notre campement. Nous y voyons le bateau de Sam, le tipi et du matériel éparpillé. Bien sûr, il n’y a rien qui ressemble à une piste d’atterrissage et je suis très curieux de voir se poser notre oiseaux sur cette plaine fleurie. Peter repère un endroit qui semble bien plat et libre d’obstacle.
Un passage à basse altitude, un circuit, on réduit la puissance, abaisse les volets et voilà, on touche terre le plus doucement du monde. Les gros pneus de l’avion et la végétation absorbent les irrégularités du terrain.

Sam Hunter, notre guide Cri ne part jamais sans son fusil
Sam nous souhaite la bienvenue. C’est un solide gaillard aux allures de rock-star. Il nous explique pourquoi les sacs de couchages sèchent au soleil: la vieille, alors que son bateau s’apprétait à accoster, une grosse vague est passée par dessus bord, trempant tout son matériel. Avec un peu de chance, et beaucoup de soleil, les sacs de couchages seront secs avant la nuit.
Nous passons le reste de la journée à paresser au soleil et à explorer les alentours, tout en gardant un oeil ouvert pour les ours polaires. Il y en a tout près et il sont dangereux. Ici, il n’y a nulle part où se réfugier; il faut donc emporter un fusil de chasse.
La toundra est un endroit plein de vie. Il y a des cygnes, des bernaches et des oies blanches partout et des caribous qui marchent à l’horizon. La végétation est dense et colorée. C’est magnifique!
Nous nous levons tôt, le lendemain matin, pour aller à la pêche sur la rivière Sutton. D’après Sam, c’est le meilleur endroit au monde pour la pêche à la truite mouchetée. Encore une histoire de pêche je suppose!
Nous partons en chaloupe vers la rivière Sutton quand un gros ours mâle apparaît à la nage devant le bateau. Quoiqu’ils nagent très bien, les ours se déplacent moins rapidement dans l’eau. C’est l’occasion rêvé d’en voir un de près. Enfin, d’assez près.

Bel animal, mais qui mérite le respect.
Sam tourne autour de l’animal à une distance de vingt mètres alors que nous le bombardons de photos. Çela ne dure que quelques minutes; nous ne voulons surtout pas l’affoler.
Sam jette l’ancre au milieu de la rivière Sutton et sort tout son attirail de pêche: trois vieilles cannes équipées de cuillères toutes rouillées.
Je suis septique. Je n’y connais rien en matière de pêche mais il me semble que ce ne sont ni les conditions ni le genre d’équipement requis pour la mouchetée.
Au moment où ma cuillère touche l’eau, Je sens une résistance, puis plus rien. Je lance encore. Cette fois c’est la bonne, la ligne fend l’eau en tout sens. Une belle grosse truite atterri au fond du bateau. Je suis heureux comme un enfant.
Peter attaque avec autant de succès. En une heure, nous avons cinq belles truites, toutes exactement de la même taille. Sam nous indique qu’il faut repartir sinon la marée basse nous bloquera le passage. Nous repartons avec notre butin mais le bateau touche le fond et s’immobilise.
Nous avons trop tardé. Il n’y a qu’une solution, débarquer pour soulager la chaloupe et la traîner en marchant dans l’eau. Ça fonctionne, mais l’eau est diablement froide! Je me surprend à m’ennuyer du sauna indien.
Arrivés à notre camp, nous dégustons nos truites. Il fait beau et très chaud pour cette latitude (25°), ce qui m’invite à aller faire trempette dans un de ces étangs aux eaux peu profondes. Comme le soleil luit 18 heures par jour, l’eau de l’étang est tempérée. Je fais quelques pas dans l’eau, mais sous le mètre d’eau limpide s’est déposé plusieurs centimètres de vase grise dans laquelle je m’enfonce en soulevant un épais nuage gris.
Ce n’était pas une bonne idée. Je sors de là couvert de boue comme les « mud-men » de la Nouvelle-Guinée. On se pait ma tête, en particulier Sam qui s’avait très bien ce qui m’attendait.
Il me faut aller plus loin puiser de l’eau de surface pour prendre un douche. En cet endroit où il y a peu à faire et où les journées n’en finissent plus, nous avons vraiment l’impression d’être en vacances. Mais Peter contacte la station météo qui nous annonce du mauvais temps pour quatre jours.
Les vacances s’achèvent; il nous faudra quitter tôt demain. J’aurais bien passé quelques jours de plus dans ce paradis nordique!
Ah, ces frais cachés qui tuent l’envie de voyager!
Ok, les compagnies aériennes dont je parle me diront : « ces frais ne sont pas cachés! Ils sont publiés sur notre site Internet ».
Oui, bien sûr, si je fouille, si je cherche et si je creuse, je trouverai sur leur site Web qu’il y a des frais pour ceci ou pour cela.
Bon… La réalité c’est que bien souvent, ce n’est qu’une fois que vous avez réservé et payé que l’on vous informe… que vous aurez encore à payer pour ceci ou pour cela.
Les compagnies aériennes sont les championnes de ces frais surprise.
Il y a quelques années, au moment de déposer mon unique valise sur la pesée du comptoir d’American Airlines, la préposée m’informe que j’aurai à payer pour ce bagage enregistré.
« Comment? Depuis quand? », lui ai-je demandé.
« Depuis ce matin monsieur. »
«Vous-vous foutez de ma gueule? », ai-je été tenté de lui crier, mais je lui ai plutôt expliqué gentiment que personne ne m’avais prévenu et que je n’étais pas d’accord. Vraiment pas d’accord.
« Vous devez payer monsieur! »
Alors, après avoir choisi American Airlines au lieu d’un concurrent pour sauver quelques dollars, voilà que les frais pour mon bagage font en sorte qu’il me coûte plus cher de voyager avec AA qu’avec son concurrent. Voilà.
Et c’est là que le bât blesse. Désormais, il faut fouiller et calculer.
Quelle est le véritable meilleur prix? La compagnie aérienne X qui offre un prix inférieur à la compagnie Y ne nous chargera t-elle pas un extra substantiel pour vos bagages, pour l’enregistrement de votre siège ou pour de nouveaux frais farfelus?
Tous ces frais, ajoutés aux frustrations engendrées par les interminables attentes précédant l’embarquement, minent le plaisir de voyager en avion.
Personnellement, je préfère acheter un vol à 500 $ sans surprise qu’un vol de 400 $ auxquels s’ajouteront 100 $ de frais supplémentaires. Et vous?
Bienvenue au Tschuggen Grand Hôtel d’Arosa!
Le train s’immobilise enfin après une escalade de 1 800 mètres sur des pentes escarpées.
Nous voilà au paradis du ski, au pays des Grisons, dans la ville montagnarde d’Arosa.
Nous quittons le confort douillet de nos sièges pour empoigner nos valises et sortir sur le quai. Devant nous, un lac gelé et cette montagne appelée Tschuggen. En fait, presque tout semble se nommer Tschuggen dans cette ville.
Des calèches couvertes de fourrures attendent les touristes arrivés par le train. Certains montent dans un bus, d’autres dans des taxis. Tous semblent savoir où aller, sauf nous.
Émerveillés par les sommets enneigées, on voit le bus partir, les taxis un à un, puis les calèches. La gare est maintenant vide. On demande au chef de gare si on aurait dû prendre le bus ou un taxi.
« Vous êtes à quel hôtel? »
« Au Tshuggen Grand Hotel. »
« Je les appelle, ne vous inquiétez pas, ils vont venir vous chercher. »
À peine quelques minutes plus tard. Une rutillante Maybach s’approche de nous. Un chauffeur tout sourire nous accueille.
Le ton est donné! On se prend déjà pour des stars. James Bond aurait approuvé!
La voiture arpente les rues de la ville puis s’arrête sous la marquise de l’hôtel. Un grand building, bien carré comme on en construisait dans les années 70, se dresse devant nous.
À sa droite, des structures modernes en forme de voiles de bateaux ou de grosses feuilles vitrées et colorées étonnent. C’est le Tschuggen Bergoase ou, si vous préférez, le spa. Dessiné par l’architecte Mario Botta, cette œuvre lui a d’ailleurs valu de nombreux prix d’architecture.
Des gens en pantalon de ski et en chandail de laine, assis sur des fourrures savourent les douceurs de l’hiver, attablés à une jolie terrasse. Les nappes jaunes et les fleurs fraîches contrastent avec le paysage enneigé.
Le chauffeur nous ouvre la porte. On nous attend sur le tapis rouge et de grandes portes vitrées s’écartent sur notre passage.
Partout où nos posons les yeux, le luxe est présent jusque dans les petits détails. On reconnaît le style très coloré et créatif du designer suisse Carlo Rampazzi.
Le directeur général Leo Maissen nous raconte. « Il faut le voir arriver en Porsche turbo couleur corail ou en Bentley vert lime avec des souliers dorés. C’est un artiste, un créatif. Moi je dois veiller à la fonctionnalité, mais lui il est là pour donner sa touche personnelle sans se préoccuper. Le résultat est étonnant et très réussi. »
« La rénovation nous a permis d’attirer une clientèle beaucoup plus jeune. Aujourd’hui la moyenne se situe autour de 40 ans. »
Rampazzi a dessiné les meubles, choisi des tissus griffés Hermès de la dernière collection, des cachemires, des lampes de Murano, du marbre et des murs aux fini vénitien peints à la main.
Il a fait un travail vraiment remarquable. Son talent lui permet de mélanger les styles avec beaucoup d’adresse, ajoutant ci et là une touche d’humour, ce qui rend le décor de ce palace cinq étoiles tout à fait unique.
De magnifiques œuvres d’art, collection privée du propriétaire, complètent l’ensemble à la fois classique, éclectique, noble et élégant.
Les clients du Tschuggen Grand Hotel sont jeunes, beaux, vêtus avec une élégance sophistiquée, ils sont sportifs et de toute évidence, ils sont riches.
Certains sont venus avec les grands parents et les enfants fêter la pâques en famille. Habitués à tout ce luxe et tout ce raffinement, je me demande s’ils en apprécient encore les petits détails et le confort des suites qui rendent notre séjour inoubliable.
Les chambres
D’abord, quelle vue exceptionnelle! De la chambre, on se croit au sommet du monde. La nature est absolument grandiose.
Deux chaises longues avec des coussins et de grosses couvertes permettent de flâner sur le balcon, d’admirer les étoiles la nuit venue et de savourer à chaque instant les paysages que l’on voudrait garder à tout jamais en mémoire.
Une série de placards occupent un mur entier de la chambre. Les gens qui viennent ici en vacances transportent des tonnes de vêtements : combinaisons de ski, bottes de ski, de randonnée et d’équitation, vêtements de ville pour le jour et pour la soirée. On ne veut manquer de rien.
Des fleurs fraîches et un grand plateau de fruit nous souhaitent la bienvenue dans notre chambre. Les pieds sur le marbre chaud, je me prépare un bon bain moussant dans l’immense baignoire. La salle de bain est très moderne, un jeu de verre et de marbre.
La toilette est séparée par une grande vitre. Les serviettes chaudes en permanences, une épais peignoir et des pantoufles attendent patiemment ma sortie. Sels de bain, petits pots de crèmes, chandelles, fleurs fraîches, tout est là.
Les belles chaises de cuir orange brulé côtoient des meubles de couleur bleue et aqua, un mélange un peu surprenant, mais comme le plafond peint à la main reprend les mêmes couleurs, tout se marie à merveille. On s’y sent vraiment bien. Rien de clinquant, rien de prétentieux.
Les restaurants
La Vetta est le restaurant une étoile Michelin et 15 points Gault Millau. Le décor était très intime et douillet, très chic, mais nous n’avons pas essayé sa cuisine.

Le Grand Restaurant de l'hôtel Tshcuggen propose un décor élégant et une cuisine d’inspiration internationale
Le Grand Restaurant est un restaurant très classique. On y a dégusté une cuisine d’inspiration internationale et contemporaine. Tout était bon. Le personnel était dévoué et ils ont pris le temps de souligner la fête de Michel, en lui emportant un gros gâteau avec des chandelles. Une belle attention.
La Collina est un restaurant sans prétention au décor printanier qui sert une excellente cuisine variée et très savoureuse. Mais on y va surtout pour admirer la vue et manger à la terrasse.
Des peaux de montons sont déposées sur les chaises pour le plus grand confort de la clientèle venue profiter de la chaleur des rayons de soleil. Un petit buffet accommode les plus pressés qui ne veulent pas manquer une seule descente de ski.
Le restaurant Bündnerstube est situé au sous-sol dans un décor typique alliant boiseries et chaises en tissus à carreaux. Traditionnel, montagnard et chaleureux, on y a mangé une excellente fondue. Les gens viennent y boire une bonne bière tout en jouant une partie de quille.
En effet, deux allées de quilles sont adjacentes à la salle à manger. On entend des éclats de rire et des encouragements. Sur le mur on peut admirer de photos anciennes de jeunes femmes en maillot, ski en main. Comme quoi, le ski fait partie des mœurs de la région depuis bien des années. Très sympathique.
Il ya a bien sûr des bars et un lounge ou l’on peut prendre l’apéro sur des airs de musique live. Un endroit où il fait bon relaxer après une bonne journée de ski.
Un funiculaire privé
L’hôtel s’est fait construire un funiculaire privé qui transporte la clientèle de l’hôtel directement au sommet de la montagne.
Ultra moderne, de très haute technologie, il est très rapide. La seule consigne est de bien s’attacher à son siège avant de partir… ou de très bien choisir la personne devant soi, car avec la vitesse et l’angle de la course, on pourrait se retrouver sur les genoux de celui assis devant nous!
Le spa
Après des heures passées au grand air, quoi de mieux qu’une visite au spa!
Le Bergoase fait 5000 m 2. On y retrouve 12 salles de soins et d’immenses piscines aux lignes modernes et aux plafonds très, très hauts. Certainement un des plus beaux spas que j’ai eu l’occasion de voir.
On y retrouve aussi un gym et un coiffeur, mais ce qui a retenu notre attention ce sont les suites privées, de grandes pièces situées sous ces « grandes voiles ». La lumière du jour entre par ces immenses fenêtres, mais des toiles la tamisent et rendent la luminosité magique.
De gros fauteuils et de grands lits font face à un jacuzzi. C’est une pièce intime où l’on peut relaxer à deux, prendre un verre et lire sans que jamais personne ne vienne nous déranger. Du vrai grand luxe.
Le Tschuggen Grand Hôtel fait partie de la liste de plus beaux et des plus luxueux hôtels de la Suisse. Ce qui le distingue est certainement son spa au design des plus spectaculaires, sa décoration élégante et sa vue extraordinaire sur les Alpes suisses.








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